Terrains non valorisés, niveau de service insuffisant, lacunes au niveau de l’accessibilité, de la sécurité, prix élevé… La liste des griefs des opérateurs vis-à-vis des zones industrielles est longue. Le foncier a fait l’objet d’assises en 2015 dont est sortie une cinquantaine de recommandations. Certaines portent sur la création d’une banque de données pour le domaine public et le toilettage de la législation.
Le rapport sur le foncier public en annexe du projet de loi de finances donne une idée sur les secteurs qui ont bénéficié de l’appui de l’Etat. Hors plan Maroc Vert, 10.537 hectares ont été mobilisés au premier semestre pour 110 projets. Ceux-ci auraient généré un investissement de 7,1 milliards de dirhams et créé 5.720 emplois. Plus d’un quart de ces emplois sont prévus dans le secteur du tourisme, 21% dans l’industrie, 16% dans l’habitat alors que 14% sont attendus dans l’agro-industrie.
Par région, Laâyoune-Sakia El Hamra concentre la part la plus importante du foncier de l’Etat affecté à l’investissement. Il s’agit en particulier du parc éolien de Boujdour. Cette région est suivie par Dakhla-Oued Eddahab où la cession du foncier de l’Etat a surtout profité à l’agro-industrie. Pour sa part, l’Oriental a mobilisé 98 hectares répartis sur 17 projets. Le tourisme, le commerce et les services y accaparent 71% de la superficie mobilisée. C’est la même configuration relevée dans le Souss Massa.
Par secteur, le foncier de l’Etat a profité au secteur de l’énergie en particulier pour la réalisation des centrales éoliennes (9.816 ha). Viennent ensuite l’agro-industrie (315 ha) et l’habitat (218 ha). Au tourisme et à l’industrie 98 et 25 hectares ont été respectivement affectés. Dans l’industrie, ce foncier est dédié à la réalisation de plateformes industrielles, logistiques et des unités de production (339 millions de DH).
■ Priorité aux énergies renouvelables
56% des investissements au 1er semestre sont concentrés dans le secteur de l’énergie. Ainsi 9.816 hectares ont été mobilisés, par voie de location, dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra pour favoriser le développement de ce secteur. L’année dernière, 3.329 hectares ont été également affectés au développement des complexes solaires de Boujdour et Laâyoune.
■ Habitat: 148 ha pour Laâyoune-Sakia El Hamra
L’essentiel des terrains affectés au secteur de l’habitat est concentré dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra (148 ha). A fin juin 2016, cette région compte 22% des projets dans l’immobilier et la résorption des bidonvilles contre 42% pour Fès-Meknès.
L’année dernière, 911 hectares ont été également mobilisés au niveau national pour les programmes de recasement des bidonvilles, l’aménagement de nouveaux pôles urbains et l’habitat économique. 39% de cette superficie est localisée à Rabat-Salé-Kénitra. Le reste a été réparti entre les différentes régions du Maroc avec une part de 21,9% et de 21% respectivement à Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et Laâyoune-Sakia El Hamra.
■ 315 hectares pour l’agro-industrie
Au premier semestre 2016, 80% du foncier public dédié à l’agro-industrie est localisé à Dakhla-Oued Eddahab. L’année dernière, 111 hectares y ont été également affectés. La part la plus importante se trouve à Guelmim-Oued Noun (60%). Rappelons qu’un programme d’investissement de 4,2 milliards de DH est prévu dans les régions du sud dont 465 millions dans l’agro-industrie.
Source: L'Economiste - Le: 24/10/2016